Ses employés ne viennent plus au bureau, WordPress ferme ses locaux à San Francisco (et il n’est pas le seul) – L’Usine Digitale

Ses employés ne viennent plus au bureau, WordPress ferme ses locaux à San Francisco (et il n'est pas le seul)
Ses employés ne viennent plus au bureau, WordPress ferme ses locaux à San Francisco (et il n’est pas le seul) © Automattic

132 Hawthorne Street. Un entrepôt de 1 400 mètres carré, reconverti en loft au revêtement mural en bois avec des tables et des canapés ultra design… L’espace de travail rêvé pour un employé ? Sans parler d’une situation géographique idéale : en plein coeur de Soma, le quartier de San Francisco où cohabitent Uber, Twitter et AirBnb. Les salariés de WordPress, le très populaire système de gestion de contenu (CMS) utilisé par quelques 75 millions de sites internet, n’en ont que faire. Sur la trentaine d’employés de la baie installés dans la baie de San Francisco, la grande majorité préfère travailler à distance.

 

Automattic, l’entreprise éditrice de WordPress a donc décidé de mettre la clé sous la porte, au sens premier du terme. La société valorisée plus d’1,2 milliard vient de mettre ses bureaux à vendre. “Seulement cinq personnes viennent au bureau quotidiennement. Ils sont aussi nombreux que les tables de ping pong. Rapporté à la taille des locaux, cela fait 300 mètres carré par employé“, ironise Matt Mullenweg, PDG d’Automattic, dans un podcast de Stack Overflow.

 

Des salariés dans le cloud

Depuis sa création en 2005, WordPress donne le choix du télé-travail (“remote”) à tous ses salariés. Cette organisation de travail constitue d’ailleurs une de ses marques de fabrique. L’entreprise compte 550 salariés basés dans une cinquantaine de pays. “Nous avons l’opportunité de recruter des talents peu importe où ils se trouvent“, peut-on lire sur le site d’Automattic qui ne peine pas, comme d’autres entreprises technologiques, à trouver des développeurs informatiques. L’entretien se fait via Skype et les nouveaux embauchés bénéficient d’une prime de 2 000 dollars pour aménager leur bureau à domicile ainsi que d’un budget de 250 dollars par mois à dépenser dans des espaces de coworking.

 

“On s’est inspiré d’Automattic quand on a décidé, il y a trois ans, de faire un restart de la boîte”, explique Frédéric Plais, CEO de Platform.sh, une nouvelle forme de cloud qui permet aux sites web et aux applications d’évoluer plus rapidement grâce à une méthode de déploiement continu. “En se développant à l’international, on avait besoin d’avoir une équipe distribuée (répartie à travers le monde, Ndlr). Quand on recrute un ingénieur, on ne s’inquiète pas de savoir où il habite mais juste de ses compétences.”

 

Chez Platform.sh, Slack est le point central de la communication interne, avec “des scrums” (réunion très courte, Ndlr) chaque jour où chacun fait le bilan de ses tâches accomplies et annonce ses objectifs du lendemain. “On voit ce que les gens font au day-to-day. Ça ne m’intéresse pas de savoir à quelle heure travaille mes salariés, s’ils jouent au Tétris ou s’ils sont en train de coder. Ce qui m’importe c’est la qualité de leur travail et comment ils amènent de la valeur à la boîte“, poursuit l’entrepreneur. Le passage de relais entre ses 52 employés dispatchés à travers le monde est, selon lui, “toujours hyper fluide”.

 

Les avantages du remote sont nombreux : gain de temps de trajet, hausse de la productivité, confort de vie et réduction des frais d’activité. “L’avantage concurrentiel est absolument énorme. Je recrute des ingénieurs hyper doués, peut importe où ils habitent, sans rentrer dans la surenchère avec les grands hubs technologiques“, souligne Frédéric Plais qui estime que le remote est “absolument l’avenir des entreprises”.

À l’opposé de la culture d’entreprise à l’ancienne, où les heures de départ et d’arrivée au bureau sont scrutées et calibrées, de nombreuses entreprises de la Silicon Valley, telles que Buffer ou encore Gitlab, se sont faits ambassadeurs de ce nouveau mode de travail. Sur son blog, la start-up basée à San Francisco, qui automatise les publications sur les réseaux sociaux, dépeint les contours de son organisation ouverte et ultra-flexible.

 

Des géants récalcitrants

Mais certaines entreprises pionnières dans la mise en place du travail à distance ont fait marche arrière. C’est le cas de Yahoo. En 2013, Marissa Mayer, patronne démissionnaire du géant déchu de l’Internet, avait demandé à ses équipes de reprendre le chemin du bureau afin de “travailler côte à côte”.

 

En février dernier, le géant IBM est à son tour parti en croisade contre le travail à domicile, alors adopté par 40 % de ses 386 000 salariés. Big Blue tente ainsi de raviver sa productivité après vingt trimestres de baisse consécutive de son chiffre d’affaires. Pourtant, le télétravail avait permis à la firme d’économiser 100 millions de dollars chaque année de frais de bureaux. Pour véritablement s’imposer, l’espace de travail dans le cloud doit encore prendre un peu de hauteur…

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